Un nouveau mécanisme de contrôle de la mémoire révélé


La mobilité des récepteurs synaptiques est impliquée dans les processus d'apprentissage. Cette découverte est une percée dans la connaissance des mécanismes moléculaires de la mémoire.

Les récepteurs des neurotransmetteurs situés au niveau des synapses assurent la diffusion des messages nerveux dans notre cerveau. Ces petites structures protéiques se déplacent en permanence, modulant ainsi l’efficacité du signal nerveux.

À l’aide d’outils moléculaires capables de contrôler l’agitation de ces récepteurs, des chercheurs1Institut interdisciplinaire des neurosciences (CNRS/Université de Bordeaux) et Bordeaux Imaging Center (CNRS/Université de Bordeaux/Inserm/Inra) en collaboration avec un chercheur de l’Institut des maladies neurodégénératives (CNRS/Université de Bordeaux). ont pu étudier l’influence de leur immobilisation sur des sections d’hippocampe en culture. En combinant des techniques de chimie, d’électrophysiologie et d’imagerie à haute résolution, ils ont démontré que l’absence de mouvement des récepteurs, dans cette région cérébrale jouant un rôle central dans la mémoire, empêchait de réguler l’activité neuronale.

Les scientifiques ont ensuite étudié l’impact du blocage de ces mêmes récepteurs chez des souris conditionnées pour s’immobiliser lorsqu’on les place dans un environnement qu’elles associent à la peur. Les rongeurs n’ont manifesté aucun comportement anormal, le blocage de leurs récepteurs synaptiques ayant court-circuité leur mémoire d’apprentissage.

Ces travaux ouvrent la voie à la compréhension d’autres mécanismes d’apprentissage dans le cerveau. Ils pourraient inspirer de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à bloquer les souvenirs traumatiques chez les victimes d’attentats.

Nature, septembre 2017