SOCIÉTÉS

Élections et adaptation

L’année électorale 2017 aura marqué la recherche par de nombreux travaux réinventant de nouveaux systèmes de vote et rationalisant ses mécanismes. Une année de changement, mais également une année d’adaptation et d’exploration à l’heure des grands questionnements liés au changement global, ainsi qu’au développement des humanités numériques.


La recherche


Des élections alternatives grandeur nature

Le résultat d’une élection dépend aussi… de la façon de voter. « Les mathématiciens savent bien que, pour une situation donnée, changer la fonction suffit à modifier le résultat, explique Antoinette Baujard, du Groupe d’analyse et de théorie économique Lyon-Saint-Étienne1CNRS/Université Lumière-Lyon 2/Université Jean Monnet-Saint-Étienne/Université Claude Bernard-Lyon 1/ ENS Lyon. Quand la fonction est un mode de scrutin, il faut aussi comprendre en quoi le résultat diffère et selon quels critères comparer les systèmes de vote. »

Voter Autrement 2017

La réflexion élaborée depuis la fin des années 1990 sur les méthodes et protocoles destinés à tester et comparer des modes de scrutin a donné lieu à différentes expériences à partir de 2002, à l’occasion des élections présidentielles.

Vote par approbation, par classement, ou selon différentes échelles de note… L’opération “Voter Autrement 2017” visait en particulier à étudier l’effet du choix des échelles de notes. Si les résultats – même corrigés des biais de participation – doivent être interprétés avec prudence, les données recueillies permettent de comparer les différentes méthodes. « L’analyse fait ressortir le phénomène du vote utile, l’acceptation de nouveaux modes de scrutin auprès des électeurs, la satisfaction tirée de l’expression citoyenne » résume Antoinette Baujard.

La méthode du jugement majoritaire

« La science du vote a commencé avant la Révolution française, avec Borda, Condorcet et Laplace », observe Rida Laraki, du Laboratoire d’analyse et modélisation de systèmes pour l’aide à la décision2CNRS/Université Paris Dauphine/Université Paris Sciences & Lettres. Suite à une expérience de vote organisée à Orsay en 2002, il a inventé et développé avec Michel Balinski, directeur de recherche émérite3CNRS/École Polytechnique, la théorie mathématique dite du jugement majoritaire : l’électeur vote en donnant son avis sur les candidatures en leur attribuant une mention de son choix – très bien, passable, à rejeter, etc. Le gagnant est le candidat ayant la mention la plus élevée, approuvée par une majorité de l’électorat.

Testée dès 2007 et développée dans Majority Judgement4MIT Press, 2011 , cette méthode a été appliquée dans le cadre d’une primaire citoyenne en 2016, où 33 000 électeurs ont désigné une candidate sur une plateforme électronique de LaPrimaire.org, sécurisée via la technologie blockchain. L’heureuse élue n’a obtenu que 135 parrainages, mais « La plateforme a été réutilisée pendant la présidentielle de 2017 pour tester le jugement majoritaire sur les deux tours où 53 000 électeurs ont participé ».
Suite à l’intérêt engendré, l’association Mieux Voter vient d’être créée pour promouvoir ce système » rappelle Rida Laraki.

Sources :
http://www.cnrs.fr/inshs/Lettres-information-INSHS/lettre_infoinshs46hd.pdf
https://lejournal.cnrs.fr/articles/presidentielle-2017-dans-la-tete-des-electeurs
http://www.cnrs.fr/inshs/recherche/elections2017.htm

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En bref


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zestes-science_webLe CNRS poursuit son déploiement sur les réseaux sociaux avec la chaîne YouTube Zeste de Science, une des composantes de la galaxie des chaînes du CNRS. Elle s’approprie les codes des youtubeurs pour expliquer la science dans un format court et vulgarisé. Entre humour et rigueur, la chaîne aborde la recherche actuelle, à partir des images produites par des équipes scientifiques.

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© E. Le Roux/ESO/Université Claude Bernard Lyon 1/CNRS Photothèque

La Commission européenne a labellisé le CNRS « HR Excellence in Research » pour sa Stratégie européenne des ressources humaines pour les chercheurs (HRS4R), reconnaissant ainsi sa participation à la construction de l’espace européen de la recherche et la qualité de sa politique de ressources humaines.