L'hypothèse d'une origine géochimique de la vie se précise


En reconstituant six des onze étapes du cycle de Krebs inverse sans utiliser d'enzymes, des chercheurs réalisent une avancée dans la compréhension des conditions d’apparition de la vie.

Des réactions de type géochimique pourraient-elles avoir donné naissance au métabolisme bien avant l’apparition des premières enzymes, de l’ARN et des cellules ?

Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires1CNRS/Université de Strasbourg ont tenté de reproduire le cycle de Krebs inverse en l’absence d’enzymes. Cette voie de synthèse moléculaire est au cœur du métabolisme d’organismes primitifs proches des bactéries vivant aujourd’hui à proximité des sources hydrothermales océaniques.

Après avoir recréé en laboratoire de telles conditions environnementales, proches de celles qui régnaient sur Terre avant l’apparition de la vie, les chercheurs sont parvenus à reconstituer pour la première fois six des onze étapes du cycle de Krebs inverse. L’équipe a plus particulièrement réussi à synthétiser quatre molécules impliquées dans le métabolisme cellulaire des organismes vivants ainsi que des acides aminés entrant dans la composition des peptides et des protéines.

En démontrant qu’il est possible de générer des molécules indispensables au métabolisme cellulaire à partir de réactions chimiques non-enzymatiques, ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives autour de l’étude des origines de la vie.

Nature Ecology and Evolution, octobre 2017