Les bactéries perturbent le stockage du CO2


Une étude réalisée en Islande interroge sur l’efficacité de la séquestration du carbone en sous-sol habité.

Injecter du dioxyde de carbone dans le sous-sol pour lutter contre le réchauffement climatique n’est pas si simple, comme l’illustrent les travaux d’une équipe internationale impliquant des chercheuses de l’Institut de physique du globe de Paris 1Université Sorbonne Paris Cité/CNRS.

En lien avec le projet CarbFix2Projet pilote développé en collaboration entre Reykjavík Energy, le CNRS, l’université d’Islande et l’université de Columbia, 1es scientifiques ont analysé les colonies bactériennes qui peuplent les coulées basaltiques profondes et leur évolution sous l’effet de l’injection de gaz acides (gaz carbonique et acide sulfurique), sur le site pilote associé à la centrale géothermique d’Hellisheidi en Islande.

Une partie du dioxyde de carbone injecté, de même que des éléments présents dans les basaltes qui se dissolvent (fer, magnésium, calcium, composés aromatiques), sont « détournés » par les micro-organismes qui les utilisent pour leur croissance, empêchant leur transformation en carbonate aussi efficacement qu’espéré.

Par ailleurs, ces processus biologiques entraînent la formation de concrétions d’argile et d’oxydes de fer et le développement de biofilms bactériens rendant le basalte partiellement imperméable au CO2.

“L’effet de ces processus biologiques en subsurface est encore difficile à quantifier”, indiquent Bénédicte Ménez et Emmanuelle Gérard, cosignataires de la publication. Cette étude, la première du genre, pose néanmoins clairement la question de l’efficacité de l’injection de dioxyde de carbone dans le sous-sol habité et celle de la stabilité des formes sous lesquelles il est stocké.

Nature Communication, octobre 2017