Un virus acteur de l’apparition de la vie sexuelle ?


Des chercheurs ont identifié la protéine HAP2, responsable de la fusion entre deux cellules sexuelles mâle et femelle, qui pourrait être l'héritage d'échanges génétiques très anciens entre virus et cellules. De nouvelles pistes de recherche à visées thérapeutiques sont ouvertes.

Chez les organismes eucaryotes, comme les plantes, les animaux ou les parasites, la vie naît toujours de la rencontre d’un gamète mâle et d’un gamète femelle. Or certains scientifiques considèrent que la fusion de ces deux entités relève du même mécanisme que l’infection d’une cellule par un virus. Une hypothèse que viennent désormais conforter les travaux d’une équipe internationale1Des chercheurs du CNRS, de l’Institut Pasteur, de l’université Paris Descartes sous la direction de Félix Rey (unité de virologie structurale – Institut Pasteur/CNRS) en collaboration avec des équipes de l’université du Texas et de l’École de médecine de Hanovre..
Leur étude s’est focalisée sur une protéine nommée HAP2 présente à la surface des cellules sexuelles mâles de la plupart des espèces eucaryotes. Après avoir déterminé la structure en trois dimensions de cette protéine chez une algue unicellulaire, les chercheurs ont pu démontrer que cette organisation structurale était indispensable pour engager la fusion avec le gamète femelle. En approfondissant leurs investigations, ils ont constaté que HAP2 présentait le même repliement tridimensionnel que certaines protéines virales dites de « fusion ».
Ces résultats conduisent à penser que HAP2 serait le résultat d’échanges génétiques très anciens entre virus et cellules eucaryotes. Sur un plan thérapeutique, ils désignent par ailleurs cette protéine comme une cible potentielle pour bloquer la transmission de pathogènes eucaryotes qui, à l’image de l’organisme vecteur du paludisme, y ont recours durant leur cycle biologique.

Cell, février 2017

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