Gaston Darboux, figure de proue de la circulation des savoirs


Le centenaire de la mort du mathématicien a été l’occasion de célébrer les multiples facettes d’un scientifique engagé dans la vie de la Cité, lors d’un colloque organisé par l’Institut Henri Poincaré1CNRS/UMPC.

Peu connu du grand public, Gaston Darboux, mathématicien et géomètre, a fortement marqué la science et son enseignement en France. « Il est l’un des premiers à lier ses ambitions pour la recherche mathématique à une vocation d’enseignant plutôt que d’ingénieur, inaugurant ainsi la figure de l’enseignant-chercheur qui va s’imposer au tournant des 19e et 20e siècles » souligne Frédéric Brechenmacher2Institut de mathématique de Jussieu – Paris Rive Gauche (CNRS/Université Paris Diderot/Sorbonne Université), de l’École Polytechnique.

Doyen de la Faculté des sciences, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences ou encore vice-président du Conseil supérieur de l’instruction publique, Gaston Darboux a joué un rôle politique et médiatique. Il s’est engagé très tôt pour réformer l’enseignement des mathématiques. « La défaite de la France contre la Prusse en 1870 a été interprétée comme le symptôme d’un déclin scientifique, se traduisant dans l’économie et la politique du pays. Il y avait urgence à y remédier », remarque Frédéric Brechenmacher.

Gaston Darboux participe notamment à la grande réforme des programmes scolaires de 1902, l’une des plus importantes du 20e siècle. Il crée un journal dédié à la recension des progrès scientifiques en France et à l’international. « C’est nouveau à l’époque, note Frédéric Brechenmacher, cela aura un impact important sur la circulation des savoirs. » En parallèle de ses activités de professeur, marquées par un souci de démocratisation et d’ouverture, il garde la direction du Journal de Darboux jusqu’à sa mort.