Des implants médicaux bientôt autonomes en énergie


Grâce à une micro-biopile enzymatique, la perspective de faire fonctionner un pacemaker en tirant l’énergie de nos propres fluides corporels se rapproche…

Puiser l’énergie dans les fluides physiologiques pour alimenter des capteurs biomédicaux. C’est le défi qu’est parvenu à relever une équipe internationale1Centre de recherche Paul Pascal (CNRS), Institut des sciences moléculaires (CNRS/Université de Bordeaux/Bordeaux INP), Max-Planck Institute for intelligent systems, Institute for microelectronics (Stuttgart). à l’aide d’une micro-biopile enzymatique. Cette pile est constituée de deux électrodes modifiées à l’aide d’enzymes : la première joue le rôle de l’anode en oxydant le glucose tandis que la seconde fait office de cathode en réduisant l’oxygène. Les chercheurs ont alors intégré leur micro-biopile à une puce électronique spécialement conçue pour être alimentée par cette source d’énergie miniaturisée.

Le fonctionnement de ce système intégré a été testé dans des conditions de température et de pH similaires à celles qui règnent dans le corps humain. La puce électronique a été maintenue en activité pendant plusieurs heures grâce à une simple goutte de glucose. Des expérimentations menées en parallèle sur du sang humain et chez l’animal ont également démontré la biocompatibilité de ce capteur autonome.

Ces travaux laissent entrevoir de nombreuses applications dans le domaine médical. Implanté sous la peau de personnes diabétiques, ce genre de dispositif pourrait, par exemple, permettre de mesurer en continu le taux de glucose sanguin, rendant ainsi le contrôle quotidien de leur glycémie beaucoup moins contraignant.

Lab on Chip, avril 2017