Des cellules magnétiques au service de l’ingénierie tissulaire


Des travaux menés pour la première fois sur des cellules souches embryonnaires préalablement magnétisées pourraient contribuer à améliorer l'efficacité des greffes d'organes.

Produire des assemblages de cellules sans l’aide d’un support externe constitue l’un des principaux obstacles auxquels la médecine régénérative doit encore faire face. Relever ce défi permettrait notamment de fabriquer des tissus cellulaires de grande taille ou encore d’orienter la différenciation de cellules souches vers une catégorie cellulaire précise.
Grâce à une technique novatrice mise au point par des chercheurs français1Laboratoire matière et systèmes complexes (CNRS/Université Paris Diderot) en collaboration avec le laboratoire Adaptation biologique et vieillissement (CNRS/UPMC Sorbonne Universités/Inserm) et le Centre de recherche cardiovasculaire de Paris (Inserm/Université Paris Descartes)., ce genre de prouesse sera peut-être bientôt à portée de main. Leur méthode consiste, tout d’abord, à incorporer des nanoparticules d’oxyde de fer dans des cellules. Ainsi magnétisées, ces briques élémentaires du vivant sont placées entre deux aimants afin de contrôler leur organisation. Ce dispositif a ensuite été testé par les chercheurs sur des cellules souches embryonnaires de souris. Il a permis d’agréger entre elles les cellules embryonnaires sans aucune matrice extérieure, à la manière d’un corps embryoïde2Amas de cellules souches en voie de différenciation.. Leur évolution vers des précurseurs de cellules cardiaques a par ailleurs pu être facilitée par l’application d’une stimulation magnétique cyclique. En augmentant à la fois le niveau de différenciation et la fonctionnalité des tissus cellulaires, une telle approche pourrait permettre, à l’avenir, d’améliorer de manière significative le taux de réussite des greffes de tissus vivants.

Nature Communications, septembre 2017