Comprendre l’adaptation pour agir


Des concepts fondamentaux aux préoccupations sociétales, la question de l’adaptation structure les recherches menées à l’Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS.

Une colonie de bactéries intestinales, un champignon, une population de poissons, l’humanité… sous l’œil expert des spécialistes en sciences de l’environnement, un paradigme fait le lien entre ces objets en apparence si différents : l’adaptation.
« De la génétique aux sciences de l’homme, c’est un concept clé des recherches menées à l’Institut », souligne Stéphanie Thiébault, directrice de l’INEE. Et désormais indispensable pour répondre aux questions, liées aux changements globaux, posées par la société.

Une approche interdisciplinaire

L’objectif n’est plus désormais seulement de décrire, mais d’être capable de prédire l’adaptation et d’en comprendre les fondements théoriques.
Pour ce faire, les chercheurs de l’INEE développent une science exigeante, renouvelant outils et modèles, dans une approche nécessairement interdisciplinaire. Martine Hossaert-McKey, directrice adjointe scientifique à l’INEE, cite ainsi les travaux d’une équipe du Laboratoire écologie, systématique et évolutions1CNRS/Université Paris-Sud/Université Paris-Saclay/AgroParisTech, consacrés à l’adaptation génétique de champignons utilisés pour la fabrication de fromages : « Un tel modèle sert de point de départ pour comprendre l’adaptation dans des environnements plus complexes ou à des échelles de temps plus longues ». L’étude menée par Christophe Lejeusne, de la Station biologique de Roscoff2CNRS/Sciences Sorbonne Université, sur le succès de certaines espèces exotiques envahissantes dans les ports va elle aussi au-delà de la description des critères structurels des écosystèmes.